Yi Quan, Da Cheng Quan

HISTOIRE ET PARTICULARITES DU YI QUAN, DA CHENG QUAN

Sur ce sujet, beaucoup de choses ont été dites. L'histoire est un ensemble de faits racontés, rapportés et transcrits avec plus ou moins d'objectivité. Elle constitue la mémoire collective d'un groupe. Nous vous présentons l’hypothèse historique qui nous semble la plus vraisemblable. Certains propos n'ont pas été prouvés ce qui nous obligent à la plus grande réserve.

Le Yi Quan est un art ancestral. Dans les temps anciens, l'homme vivait en symbiose avec la nature et les animaux. Il apprenait beaucoup d'eux, et sa vie était un combat permanent pour maintenir une bonne santé et survivre. Les fondements du Yi quan sont issus de cette période, la filière des grands maîtres a su en conserver l'essence. Ceux-ci mettant plutôt l'accent sur l'intention, la volonté, la maîtrise du paradoxe (synthèse), la manière de diriger sa pensée, la grandeur et l'ouverture d'esprit.

L'Homme a en lui les moyens de construire sa vie et aussi de se guérir, s’il utilise sa force vitale et son intuition. L'inspiration vient essentiellement de la nature qui est le centre de notre réflexion. Tout dans l'univers est régit par des lois. L'une d'elles est le principe immuable du Yin-Yang présent dans toutes choses.

L'appellation Yi Quan (se prononce I Chuan) est récente, mais le style et les concepts ont plusieurs milliers d'années d'existence. Dans son histoire, il y a peu d'écrits, la majeure partie de son contenu s'est transmise oralement de maître à meilleur disciple. Dans son livre yi quan zheng gui intitulé « véritables principes du yi quan »,Wang Xiang-Zhai fait remonter l’origine de cette discipline à Bodhidharma en disant « Damo (Bodhidharma) est venu à l’Est, puis, il a commencé à prendre des disciples, à leur enseigner comment exercer leur corps, à observer la nature et les animaux. Il mit finalement au point la méthode de purifier la moelle et transformer les muscles en tendons (xi sui yi jin fa), qui fut à l’origine du xin yi quan (xin yi ba) également appelé yi quan ».

La personne qui est considéré aussi comme l’un des piliers originels du Yi Quan et du Xing Yi Quan est le maréchal Yue Fei de la dynastie Song du Sud. Né en 1103, mort en 1141. Véritable héros national, aujourd'hui encore beaucoup de gens le vénèrent. Il mourut dans des circonstances particulières, victime de la trahison des siens. Sa mort correspond au déclin de la dynastie Song du Sud et annonce l'arrivée progressive des Mongols sur tout le territoire chinois. Ceux-ci avaient déjà envahit le Nord de la Chine et mirent fin à la dynastie des Song du Nord. Yue Fei dont l’efficacité était légendaire fut à l’origine de plusieurs styles, il était animé d’une force interne exceptionnelle. On dit qu’avec son cri, il effrayait les chevaux des cavaliers qui se trouvaient alors projeter au sol. Il est attribué à Yue Fei d’avoir mis au point la méthode ba duan jin, le style des serres de l’aigle, de plus il était un grand expert dans l’art de la lance.

Il est commun en Chine de faire remonter une méthode à quelqu’un de célèbre ce qui amène certaines personnes à douter de la filiation du Yi Quan avec ses deux grands personnages (Damo et Yue Fei). Mais compte tenu des facultés hors du commun des successeurs, on peut se demander si la légende n’a pas quelques fondements. La transmission de ce style ne s'est pas toujours passée de manière linéaire ou continue.


Le Maître Ji Jike

La personnalité qui arrive ensuite dans la chronologie s’appelle Ji Jike (Ji Longfeng). Il est connu comme étant le premier à avoir enseigné le Xin Yi Liu He Quan (boxe du cœur, de l’esprit et des six harmonies). Ji Jike vivait au 17ème siècle, il était un très grand maître dans l’art de la lance. Il créa à partir de ses expériences acquises sur les champs de batailles une forme de combat qu’il nomma la boxe des six harmonies. Certains prétendent que son style vient de Yue Fei et que Ji Jike aurait trouvé caché dans un mur d’un temple des documents écrits par le fameux maréchal. Le Xin yi liu he quan fait référence aux trois harmonies internes (le cœur avec l’intention, l’intention avec l’énergie vitale, l’énergie vitale avec la force physique) et aux trois harmonies externes (les épaules coordonnées avec les hanches, les coudes reliés aux genoux, les poignets avec les chevilles). Le pratiquant s’inspire des six harmonies pour trouver la pleine expression de sa puissance.

Ji Jike (Ji Longfeng) eut deux successeurs (Cao Ji Wu et Ma Xue Li). Le plus célèbre était Cao Ji Wu, il obtient le poste d’examinateur impérial d’arts martiaux, considéré à l’époque comme le plus prestigieux dans ce domaine.

Cao Ji Wu eut pour disciples ses deux frères : Dai Lin Bang et Dai Long Bang. Ce dernier continua l’œuvre entreprise par les prédécesseurs. Il transmit ses connaissances au très renommé Li Luo Neng (Li Neng Ran « le poing divin ») fermier sans ressources du Shan Xi, à la suite d’un combat où Dai Long Bang fut d’une telle supériorité que l’autre tomba à genoux et pria pour être accepter comme disciple. Une fois, un robuste combattant le saisit par derrière ; Aussitôt qu’il toucha Li, il se retrouva dans les airs. Cet homme se releva et lui demanda qu’elle magie il employait et Li lui répondit : « Pas de magie ! Juste un peu de technique. » Il est dit que son plus célèbre disciple Guo Yun-Shen n’atteint jamais son niveau. Il eut aussi d’autres fameux élèves comme Che Yi Zhai et Sung Shi Pong. Li Luoneng transforme le style et le nomme Xing Yi Quan.

Le fameux Guo Yun-shen considéré comme son successeur (surnommé avec exagération l’homme qui frappe tout ce qui est sur terre) célèbre pour son peng quan en demi marche (Ban bu peng quan) eut pour disciples Wang Fu Yuan, Liu Qi Lan, Sun Lu Tang et le jeune Wang Xiang-Zhai à qui il transmit l’enseignement secret basique et fondamental des postures (zhan zhuang gong).

En résumé il y a deux interprétations historiques du yi quan :

  • le Yi Quan est d’abord apparenté au Xin Yi Liu He Quan (vers 1650) puis au Xing Yi Quan (vers 1856) pour enfin prendre le nom de Yi Quan (vers 1920).
  • Une autre version qui rejoint celle du fondateur Wang Xiang-Zhai l'enseignement basique du Yi Quan était seulement réservé au meilleur disciple laissant aux autres élèves le travail des formes. Ce qui signifie qu’il y avait une appellation pour tout le monde et une autre pour l’élite. Pour cette raison, le concept Yi Quan utilisé par un très petit nombre de personnes ne fût pas diffusé. Wang Xiang-Zhaï rompit la tradition du secret entretenu pendant plusieurs siècles en enseignant les postures.

Pourquoi Wang Xiang-Zhai est considéré comme le fondateur du Yi Quan ?

Bien que Wang Xiang-Zhai (1887-1963) reconnaisse que le nom remonte à Damo, il est néanmoins considéré comme le fondateur car il est le premier en avoir diffusé le nom. L’art qu’il a enseigné à la fin de sa vie avait beaucoup évolué par rapport à ce qu’il enseignait au début. Dans sa jeunesse, il enseignait l’ancien Xing Yi Quan. Vers les années 1920, s’apercevant que ses élèves ne s’intéressaient qu’à la forme mais pas à l’esprit, il décida de changer de nom et de créer un nouvel art martial en retirant tout ce qui n’était pas utile au combat. Pour chaque geste, il s’agit de donner du sens et de créer le mouvement par l’imagination, le yi (intention) est plus important que la forme. La base de cette pratique est le Zhan Zhuang. A cette nouvelle école, il lui donna le nom de Yi Quan.

Le yi quan est un style qui s’inscrit dans la continuité du xin (cœur) yi quan et du xing (forme) yi quan ce qui veut dire que ses racines sont très anciennes et profondes. Wang Xiang-Zhai était plongé dans la culture originelle sans esprit de conservatisme en cherchant constamment ce qu’il y avait de meilleur. Il était en recherche perpétuelle, abandonnant ce qu’il avait trouvé la veille, si il trouvait mieux le lendemain. Wang Xiang-Zhai était quelqu’un de totalement paradoxal. De sorte que l’on peut définir le yi quan comme la boxe du paradoxe à la fois plongée dans la tradition, à la fois dans la réalité de son temps et dans celle du futur au sens d’avant garde.

Wang Xiang-Zhai très jeune a travaillé sur du concret puisqu’il a été le disciple du grand combattant Guo Yun-Shen. A la mort de son maître, il a continué sa quête tout en enseignant. De 1918 à 1929, il a voyagé à travers la Chine à la recherche des maîtres d’arts martiaux, et, bien qu’il eût rencontré des milliers d’experts, seuls trois furent pour lui exceptionnels Xie Tiefu (xin yi he quan), Fang Yizhuang (xin yi nan shaolin) et Wu Yihui (xin yi liu he ba fa). Wang Yu-Fang a dit : « Vers 1940, messieurs Lin Zhin Lin et Zhang Bi ont suivi l’enseignement du fondateur; ils pensaient que le yi quan était une méthode scientifique et pour cette raison lui ont donné le nom de Da Cheng Quan ou boxe du grand accomplissement : celle-ci réunit à la fois la santé, la guérison et le combat. Wang Xiang-Zhai disait que l’apprentissage et la pratique de l’art martial était sans limite. Le mot da cheng quan était donc mal approprié. Les maîtres Yao Zong Xun et Han Xingqiao ont dit que par respect de tous les anciens maîtres, ils acceptaient le nom da cheng quan. Wang Xiang-Zhai a dit à ce propos : faites comme il vous plaira ».

Ce style est un des plus complets. Durant ses longs voyages et sa longue quête, l’art de Wang s’est enrichi d’autres styles. Le yi quan (da cheng quan) rassemble la quintessence des arts martiaux, il réunit les caractères propres à plusieurs disciplines : la force interne du Xing Yi Quan (hsing I chuan), la souplesse du Tai Ji Quan (tai chi chuan), la vitesse de déplacement du Bagua Zhang, la richesse de différents Wushu. Ses élèves l’ont appelé Da Cheng Quan parce que cette boxe était une compilation des recherches du fondateur.

Une des particularités fondamentales est l’abandon des Daolu (formes imposées) jugés trop rigides et inadaptés à la pratique du combat.


BASES OU JI BEN GONG : LES DIFFERENTS ZHAN ZHUANG, SHILI ET MOCABU CONSTITUENT LA PREMIERE ETAPE DE LA PRATIQUE ZHAN ZHUANG

Le pratiquant du yi quan retourne à la terre à travers la posture de l'arbre que les chinois appellent le « Zhan Zhuang » il va retrouver petit à petit ses racines qui vont l'aider à s'élever vers la spiritualité, la grandeur d'esprit et construire un corps qui ressent et agit. L'arbre connaît la manière de s'élever avec le temps, Chaque jour il grandit un peu et personne ne peut le voir, ce qui pousse lentement, vieillit plus longtemps. C'est un processus interne l'unifiant aux forces de l'univers. De la Terre et du Ciel, il capte l’énergie vitale et les éléments nécessaires à sa survie. L'inter connexion entre le haut et le bas va donner à l'arbre toute sa force, et relier l'extrémité des racines avec celles des branches. L'arbre nous apprend à nous renforcer, à avoir des jambes fortes et un haut du corps souple. Son exemple nous enseigne comment conduire l’entraînement. A partir d'une longue pratique de la posture du pieu (zhan zhuang) qui est en réalité le véritable mouvement intérieur, nous pourrons ensuite l'associer au mouvement extérieur, et inverser le processus du YIN-YANG. C'est ainsi que l'on peut s'exercer à bouger avec divers éléments :

  • l'arbuste avec le vent
  • l’eau avec la force du courant
  • la tortue avec les vagues...

L'apprentissage du mouvement passe par des exercices lents, que l'on nomme Shi Li et Mocabu, permettant de tester différents types de forces.

SHI LI, exercices essentiellement axés sur le travail des principes à travers des mouvements lents sans déplacement où le haut et le bas du corps s’unifie.
MOCABU, exercices de déplacements.

Le JI BEN GONG est le travail des exercices Fondamentaux, ils sont l'ossature de la discipline. Il s'agit d'une modification profonde de l'individu fondée sur la théorie des contraires. Quelqu'un de trop mou se tonifiera, quelqu'un de trop dur, trop fort se détendra et deviendra plus flexible de manière à pouvoir se mouvoir aisément. Ces trois principes d'entraînement sont basés sur le Yi. C'est l'intention qui dirige le geste. La pratique des exercices de base a beaucoup d'effet sur la santé et donc sur la longévité.


LA DEUXIEME ETAPE COMPORTE 6 TYPES D’ENTRAINEMENT

Le travail du son, la force explosive, la poussée des mains, les mouvements libres (danse du yi quan), les applications pour la santé et celles pour le combat. Bien sûr, ces exercices s'adressent à des pratiquants confirmés. Mais le débutant peut les pratiquer de temps en temps, de manière à mesurer sa progression.

SHI SHENG ou TESTER LE SON, Le son doit jaillir spontanément des entrailles. Sans le chi (énergie) nécessaire, c'est impossible.

TUI SHOU (pousser des mains) ou ROU SHOU (se prononce lo cho). Exercice de coordination avec un partenaire dans lequel on apprend à conserver un équilibre constant issu du travail des postures et des mouvements lents. De sorte que les mouvements restent amples et naturels. Il s’agit également de travailler sur nos blocages, nos problèmes physiques et psychologiques. Ainsi dans la relation à l’autre : faire et laisser faire, ne pas écraser, ne pas se laisser écraser, ne pas se laisser emporter par ses pulsions et s’adapter au partenaire. Cet exercice de coordination et d’harmonisation vise aussi à développer la sensibilité. A travers le toucher de l'autre, deviner ses intentions. Il existe de nombreux niveaux de pratique. Cet exercice permet d’acquérir de nombreuses qualités comme l'association et la dissociation. Le tui shou peut se diviser en deux parties : le tui shou impair (dan) et le tui shou pair (shuang).


DAN TUI SHOU ou LE TUI SHOU AVEC UN BRAS (impair)

Les deux partenaires sont debout face à face, les pieds placés en position du chiffre huit chinois, les deux poignets se croisent, se touchent et font un mouvement ovale sur un plan horizontal et sur un rythme très lent. L’autre main accompagne la main qui travaille. Le mouvement doit être régulier sans changement de rythme. Ne pas forcer, ni être trop mou. Il est nécessaire de doser son effort. Les épaules sont souples et relaxent. Après avoir travaillé la forme à gauche, passer à la forme à droite. Dans le dan tui shou, seulement un bras est en contact avec l’adversaire. c’est soit le coté droit contre le coté droit ou soit le coté gauche contre coté gauche.

SHUANG TUI SHOU ou LE TUI SHOU AVEC LES DEUX BRAS (pair)

Les deux partenaires sont debout face à face, les pieds placés en position du chiffre huit chinois, leur deux avant-bras rentrent naturellement en contact et tournent alternativement. Un bras supporte le bras du partenaire, tandis que l’autre est supporté par celui-ci. Les bras vont de l’axe central vers l’extérieur et effectuent un mouvement ovale sur le plan vertical avec toujours l’intention de protéger le centre. Dans le shuang tui shou, il n’y a pas de changement de garde comme dans le tui shou à un bras, mais plutôt un changement de position inversée qui correspond au changement de pas dans le déplacement ou au changement du transfert du poids du corps si on reste sur un plan statique.

Cet exercice existe aussi dans les autres Arts Internes. La notion de rou shou c’est à dire «mains souples» est fondamentale. C’est une forme supérieure d'entraînement dans laquelle on apprend à se détendre en coordonnant son corps avec ses mains. Les deux corps ne font plus qu’un et se pétrissent, se malaxent, se pressent à l’unisson. Elle s'adresse à des pratiquants confirmés qui ont déjà assimilés les subtilités de l'art interne, de sorte que la rencontre ne dégénère pas en un exercice de force brute à deux et à un conflit d'égo. A ce jeu là, les gorilles ont toutes leurs chances pour devenir les plus forts; mais est-ce encore de l'art? A coté du tui shou idéal qui développe la convivialité, il existe un tui shou de combat ou tout en s’harmonisant avec l’adversaire, le pratiquant cherche les failles et le projette au loin à travers un fali.


EMETTRE LA FORCE OU FALI

Les postures génèrent de la force. Elles permettent de se recharger. Une fois empli de cette énergie, il est possible de la faire sortir. Le fali se révèle dans l'exécution de gestes spontanés, vifs et rapides. C'est la résultante de tout un travail très long sur le corps où on apprend à contrôler chaque partie pour enfin les relier ensemble et les faire fonctionner à l'unisson.


DANSE DU YI QUAN OU YI QUAN WU (ou JIANG WU)

Le yi quan wu est un des exercices les plus difficiles de la discipline, car il permet de vérifier si les principes de base ont été acquis. A savoir :
  • Si la structure du zhan zhuang est solide.
  • Si la partie haute du corps est bien relié à la partie basse pendant les déplacements.
  • Si les mouvements sont souples et harmonieux.
  • Si les rythmes des déplacements sont bien maîtrisés.
  • Si les formes exprimées sont riches et variées.

 

Le pratiquant de Yi Quan utilise des images pour permettre à son esprit de rester en contact avec son corps. Pendant le déplacement, il peut imaginer par exemple la présence d'ennemis ou d'animaux dangereux autour de lui, afin que lors d’une situation réelle et délicate, il puisse réagir spontanément et être aussi agile qu'un poisson dans l'eau. Il s'agit de se mouvoir dans toutes les directions en maîtrisant le lourd et le léger, l'avant et l'arrière, la droite et la gauche; tout ceci dans le respect du mouvement naturel du corps qui est capable de se détendre aussi vite qu’un dragon qui bouge, de voler comme un oiseau, de ramper comme un serpent ou de marcher comme sur de la glace etc...Le pratiquant du Yi Quan semble jouer avec son corps qui devient son meilleur allié.

Maître Wang a décrit cette pratique en ces mots ; « le corps bouge comme le flux et le reflux des vagues, l’intention permet de déployer la force comme si elle était immergée. Tel un dragon nageant ou une cigogne qui joue dans l’eau, se tourner et se retourner à l’instar d’un serpent effrayé ».


YANGSHENG, LES APPLICATIONS SUR LA SANTE PHYSIQUE ET MENTALE

Elles sont essentiellement axées sur l'entretien du principe vital .Yang signifie nourrir et sheng principe vital. L'adepte s'exerce aux sept autres méthodes ainsi qu'aux quatre manières de pratiquer le yi quan, da cheng quan : sur le dos, assis, debout, en marchant.

Dans les années 1950,Me Wang Xiang-Zhai exerçait dans les hôpitaux, et utilisait sa méthode Zhan-Zhuang Gong pour aider à soigner les malades. Il était assisté de sa fille Wang Yu-Fang et de son disciple Li Jianyu.

Aujourd’hui, Wang Yu-Fang continue l’œuvre de son père. Elle a écrit au moins cinq ouvrages, animée de nombreux séminaires de qi gong. Elle est la leader pour le Yi Quan Santé.

Lors des réunions des différents maîtres du yiquan et du dachengquan, elle est considérée comme le chef charismatique et la représentante vivante de son père.


JIJI (se prononce titi) OU L'ART DU COMBAT (facultatif ou indispensable selon les maîtres)

Le Yi Quan, Da Cheng Quan tient sa réputation de la terrible efficacité de Wang Xiang-Zhai qui domina en combat libre de nombreux adversaires de son époque. Plusieurs ouvrages relatent ses exploits. Il est souvent fait mention du combat qu’il remporta contre le Japonais Kenichi Sawai, celui-ci deviendra par la suite son disciple et créera l’école Tai Ki Ken au Japon. Certains de ses disciples furent de redoutables combattants. Les plus célèbres sont : Zhao Daoxin, Han Xinghao, Yao Zong Xun, Zhang Changxin, Zhang Entong, , Gao Zhendong, Bu Enfu, You Pengxi, Zhou Ziyan, Hong Lianshun, Li Jiqnyu et son élève Wang Xuan-Jie.

Les écoles de combat les plus connus aujourd’hui sont celles de :
Ecole Yi Quan de Yao Zong Xun avec ses successeurs : Pai Jin Jia, Bojia Chuong, Cui Rui Bin, Yao Chengguang, Yao Chengrong, etc
Ecole Tai Ki Ken de Kenichi Sawai avec des successeurs au Japon et en Europe
Ecole Da Cheng Quan de Wang Xuan-Jie avec ses 2 successeurs : Zheng Bao Shen et Wang Chang Wen

Ecole de YAO ZONG XUN
Me Wang Xiang-Zhai nomma Yao Zong Xun (1917-1985) comme successeur, il lui délégua progressivement le soin de diriger la pratique martiale. Au fil du temps des adaptations ont été réalisé dans cette école, avec l’utilisation de gants et de sac de frappe (Wang Xiang-Zhai avait dans sa cour un sac de frappe qu’il utilisait de temps en temps). Même si ceux-ci sont utilisés, cela reste dans l ‘esprit d’un travail souple du corps. A l’époque du président Mao Zedong, la pratique des arts martiaux devint synonyme d’ancien régime. Beaucoup d’écoles sont tombées en désuétude et beaucoup de professeurs se sont mis à enseigner une gymnastique de bien-être dépourvue de connotation martiale. Cependant il y a eu quelques groupes comme celui du Me Yao qui a continué à s’entraîner à l’abri des regards indiscrets. Cette école est réputée pour son efficacité, ce style est à la fois emprunt de mouvement naturel avec la main ouverte accompagné d’un travail de poings fermés.

Ecole KENICHI SAWAÏ
Elle fur créée après la seconde Guerre Mondiale par le Maître japonais Kenichi Sawaï, celui-ci a eu l'autorisation de Wang Xiang-Zhaï pour changer le nom. Il appela celle-ci Tai Ki Ken, Boxe de la Grande Energie (nom externe). Le nom interne est Tai Ki Shi Sei Kempo (Taï Sei Ken veut dire Da Cheng Quan). Kenichi Sawai (1903-1988) fût le seul étranger accepté comme disciple, il a réalisé une synthèse Yi Quan (Da Cheng Quan à l'époque) et Budo (arts martiaux traditionnels japonais). Le Taï Ki Ken rassemble une partie des bases du Yi Quan avec en plus une méthode qui s'adapte aux différentes disciplines pratiquées. Ce style est essentiellement axé sur l'application au combat avec pour objectif un haut niveau de pratique jusqu’à un âge avancé...

Ecole de WANG XUAN-JIE
Elle met davantage l’accent sur les formes circulaires du Bagua Zhang, ainsi que sur les différentes utilisations de la main ouverte. Cette école a reçu au départ une très forte influence de l’enseignement de Yao Zong Xun, mais ensuite elle se démarque en refusant les apports d’utilisation de matériel de protection. Wang Xuan-Jie (1936-2000) disait que l’on a jamais vu un tigre combattre avec des gants et que l’utilisation du sac de frappe était dangereuse pour les articulations des poignets.

Le yi quan,da cheng quan comporte un aspect santé et un aspect martial. Vers la fin de sa vie l’aspect santé était devenu plus important pour Wang Xiang-Zhai. Dans sa jeunesse, il avait rencontré à l’âge de treize ans Guo Yun-Shen pour un problème d’asthme et parce qu’il était en mauvaise santé. Le maître Guo l’a pris sous sa protection à cause des liens d’amitié qui l’unissait avec les parents du jeune Wang et lui a tout de suite enseigné les postures. Voyant que le maître et les élèves s’exerçaient aux formes (daolu), Wang s’y entraîna discrètement. Maître Guo s’en aperçu et le gronda « Alors que je t’enseigne le pur jade précieux, tu n’écoutes pas et à la place tu vas chercher la vieille terre. Quel enseignement comptes-tu tirer d’elle ? ».

Son niveau de santé s’améliora rapidement et Wang Xiang-Zhai devient peu à peu un redoutable combattant. Il consacra sa jeunesse à l’étude de la culture chinoise et de l’art martial. Il synthétisa de nombreux styles et méthodes. Du fait de sa grande maîtrise (kung fu), les chinois le surnommèrent « mains de Chine ».

Certains de ses élèves participèrent à des tournois en y ramenant de bons résultats. Depuis quelques années, certains pratiquants de yi quan, da cheng quan participent à des tournois de sanda ou à des rencontres entre personnes du même style.

Le véritable combattant du yi quan, da cheng quan est plus qu’un sportif, c’est un artiste martial : dans ses yeux, on trouve le regard perçant de l’aigle, ses épaules sont souples et lourdes comme celles de l’ours, ses avant-bras sont aussi agiles que les pattes du tigre pour protéger son visage, le mimétisme du visage est comme celui du singe, les hanches sont aussi puissantes que celles du dragon, son déplacement est comme celui du coq.
Toutes ces qualités sont réunies dans un seul mouvement.

En conclusion, l'entraînement au combat comporte quelques risques pour la santé, il s’agit de s’y préparer correctement sans fanatisme, sans prise de risques inutiles pour son équilibre. Certains Maîtres ont seulement orienté leurs pratiques et leurs recherches sur celui-ci, d’autres ont associé santé et martial et une troisième catégorie s’est concentré uniquement sur le Yangsheng.


LES 9 METHODES DU YI QUAN

Ces 9 méthodes forment un ensemble complet de travail de l'énergie:

  • 1 obtenue à partir du zhan zhuang (postures)
  • 2 perçue à travers le shili (tester la force)
  • 3 appliquée avec le fali (émettre la force)
  • 4 mesurée à travers le tui shou (poussée des mains)
  • 5 stabilisée à travers le mocabu (déplacement)
  • 6 dévellopée par le shi sheng (travail du son)
  • 7 exprimée par le yi quan wu (danse du yi quan)
  • 8 renforcée par les techniques de santé (yang sheng)
  • 9 réalisée à travers les applications et le combat (ji ji)

 


LES 3 TYPES DE MOTIVATION DE PRATIQUE

La plus importante et la plus utile est celle de l’entretien et de l’amélioration de la santé Avoir la maîtrise martiale (aspect self- défense).
Evaluation par la compétition, tournois et rencontres.


L'EVEIL OU L'ACCOMPLISSEMENT

Toutes ces méthodes trouvent leur véritable sens dans la recherche d’une réalisation de soi. L'accumulation des connaissances acquises au fil de la pratique de ses 9 méthodes et de leur compréhension instinctive ont un effet sur l'ouverture de l'esprit. Chaque partie étant importante, le résultat est à la mesure de toutes ses actions passées. La fameuse explosion peut se produire sur le plan spirituel ou sur le plan physique. L'ultime accomplissement est de pouvoir atteindre un niveau d'éveil sur tous les plans.

 


Texte : Jean-Luc LESUEUR (disciple de maître LI JIANYU et son représentant en Europe) , assisté de VUONG TEK MENG (disciple du maître WANG YU-FANG, certains éléments de ce texte confirmés par WANG YU-FANG).

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