Le wing chun est un art martial chinois traditionnel, originaire du Sud de la Chine, destiné au combat rapproché, incluant des techniques à mains nues et le maniement d'armes.

Très développé à Hong Kong et Taïwan, le wing chun a bénéficié au xxe siècle d'une rapide expansion en Europe et aux USA, en raison notamment de la notoriété de l'acteur Bruce Lee dont un des maîtres fut Yip Man, et de méthodes modernes d'enseignement.

Le wing chun aurait été créé dans la province du Fujian en Chine il y a plus de trois siècles. L'histoire du wing chun était initialement transmise oralement de maître à élèves, plutôt que transcrite dans des documents. Il s'avère donc difficile de confirmer ou clarifier les différentes affirmations sur sa création. Certains auteurs ont cherché à appliquer les méthodes philologiques de la critique radicale aux récits oraux du wing chun et d'autres arts martiaux chinois. D'autres ont tenté de discerner l'origine véritable du wing chun par l'analyse de ses techniques. Les premières mentions de cet art martial dans des documents non contestés apparaissent seulement au xixe siècle, à l'époque du maître Leung Jan (1826-1901), rendant son histoire ultérieure et les divergences des différentes branches plus propices à la vérification documentaire.

 
Fresque ancienne du Monastère Shaolin (Henan)
 
Yip Man (葉繼問) (1893-1972)

La légende du manuscrit Yip Man diffère l'origine de ce wushu historique. Yip Man y décrit une jeune femme, Yim Wing Chun, auxviie siècle, à l'époque de la destruction par le gouvernement Qing d'un légendaire Monastère Shaolin du Sud. La jeune femme aurait refusé la proposition d'un mariage avec un seigneur local. Ce monastère aurait déclaré n'accepter cette décision que si Yim Wing Chun parvenait à vaincre le potentiel mari dans un duel martial. Elle demanda alors à une nonne bouddhiste, Ng Mui, légendaire survivante Shaolin, de lui enseigner l'art du combat. Ce style, jusque là sans nom, permit à Yim Wing Chun de vaincre son opposant. Elle épousa par la suite un certain Leung Bok Chau et lui enseigna cet art martial, qu'il nomma par la suite wing chun, en référence au nom de son épouse.

Les recherches contemporaines tendent à confirmer que cette légende n'a aucun caractère historique. D'autres hypothèses existent, mais manquent de références historiques. L'une d'elle relie la création du wing chun à une troupe d'artistes d'opéra cantonais de la « Jonque Rouge », navigant dans le delta de la rivière des Perles3.

Au xxe siècle, la transmission du wing chun a souffert de la Révolution culturelle (1966-1976). Devant la montée en puissance des Gardes Rouges, de nombreux maîtres quittèrent le pays et se réfugièrent au sud de la Chine continentale, c’est-à-dire à Hong Kong(alors colonie britannique), Formose (Taïwan) et au Viêt Nam. De ce fait, dans les années 60, seule l'école du maître Yip Man (1893-1972), une école à Foshan (Wing Chun Fat San) et une école taïwanaise existaient encore.

Les différents styles de wing chun se sont propagés ultérieurement, mais c'est le style de Yip Man qui domina largement par sa diffusion mondiale. Parce qu'il fut le premier maître à systématiser cet art et à l'enseigner à un large public en tant que professeur, laoshi, et non plus shifu, dès les années 1960. Parce qu'il bénéficia surtout de la notoriété de son ancien élève Bruce Lee (1940-1973) devenu un acteur à la célébrité internationale. A Hong-Kong, son élève Leung Ting (1947-) favorisa encore la diffusion par une méthode d'enseignement structurée (système, uniforme, grades, diplômes). Notons encore Wong Shun Leung (1935-1997), Pan Nam (1911-1995) et Lo Man Kam(1933-) qui contribuèrent notablement au développement mondial du wing chun. Aujourd'hui, le wing chun est ainsi devenu un des arts martiaux chinois les plus pratiqués au monde, et il ne semble pas s'orienter vers une pratique sportive.

Cours assurés par Lyès, Jey, Hugo Julien, Christian et Philippe.

 
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